31 mars 2010
Arrêtez le monde, je voudrais descendre

Manger beaucoup de culture. S'en foutre. Mais pleurer devant une pièce de théâtre qui montre comme c'est facile la vie, même si la douleur, même si l'absurde.
Retenir des phrases, des airs, des idées. Oh, les idées pour feindre d'avancer, pour se construire en quelques mots - en un clin d'œil -
"It would be a sort like shooting a mockingbird, wouldn't it ?" To kill a mockingbird
"Elle ne voulait plus mourir, jamais. C'était net. Elle n'y croyait plus à sa mort."
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"Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir." Voyage au bout de la nuit, L-F. Céline
"Die Welt versinkt unter uns. Amen." Der Kontrabass, P. Süskind
"Ich kenne nichts Ärmeres
Unter der Sonn', als euch, Götter!" Prometheus, Goethe
et des tonnes de mots à manger, toujours, à engloutir, à garder au fond du ventre. Vrombir.
VERDAMMTES MÄDCHEN

J'apprends doucement à rentrer du côté du mépris. Tout ce que je fixe trop longuement dans cet endroit d'études m'agace ; les comportements ne sont jamais ceux qu'on s'imaginait. L'ouverture d'esprit est une idée fausse, contre-pensée, presque. Je n'aime plus les cris stridents et routiniers qui font monter en moi l'agacement et une pointe infâme de mépris. Je rebondis étrangement. Quelle réaction quand je m'élèverai, grosse voix et terrible coup gratuit. Les gens ne comprennent jamais la méchanceté gratuite. Puis-je prendre le risque de faire mal aussi odieusement ? Penser vrai dans le ton sec et le ton las. Je n'ai pas toujours envie d'être marrante. Pourtant, je tiens aux épaules de mes copines de presque une année scolaire qui tourne vite. Je tiens aux blagues propres à ce lieu qui me fatigue - je manque cruellement de courage - mais j'ai comme l'impression que tout s'arrache à moi comme les prémices de l'angoisse. Alors on regarde les trains, on organise du voyage.
Discuter à des Berlinois me donnerait confiance - fragilité - et changerait mon mode de pensée. Arriver à Lyon et serrer l'une des perles de sa vie, elle qui a les bras frêles mais forts. Je parle d'aimer. Aimer comme le garçon m'obsède, dans sa beauté, sa tendresse et son tact, le plus souvent.
I am a bomb.

